Marius, Pepsi, Ocelot et les autres

Frédéric Vilette dit "La Rosée"
en compagnie de Marius
Marius, Pepsi, Ocelot… et encore Mistral ou Nono de Rigny, sont les noms de quelques uns des chevaux de l’écurie du château de Cheverny que j’avais rencontrés dans leur pré cet été.
Ils m’avaient invité à visiter leur écurie, ce que je m’empressai de faire dès l’automne venu, comme toute grenouille curieuse que je suis. À cette occasion, j’ai rencontré le « gardien » des lieux et découvert qu’il existe au château de Cheverny des métiers que l’on exerce par passion, car rien ne destinait, au départ, Frédéric Villette dit «la Rosée» à devenir le second piqueux de l’équipage de Cheverny et à s’occuper des 11 chevaux de l’écurie. 
Il y a 13 ans, en 1998, un BTS des métiers du bâtiment à peine en poche, il s’apprête à suivre les traces de son père, lorsqu’il a, un jour, l’occasion de postuler pour cet emploi, qu’il obtient, et de se donner ainsi la possibilité de réaliser un rêve et d’assouvir une passion transmise dès son plus jeune âge par ses parents qui suivaient régulièrement les chasses des différents équipages de la région, dont celui de Cheverny. 

En pénétrant dans l’écurie principale qui abrite 9 chevaux, je fus tout d’abord frappée par l’extraordinaire propreté des lieux et de ses pensionnaires, et mon ami Marius (c’est lui qui est photographié avec la Rosée) m’a alors confié que pour l’entretien, tant des locaux et du matériel que des chevaux, on ne fait pas mieux ! 
Frédéric Villette
et Richard Méchin
«Nous sommes tous des hongres (1), de race trotteurs français (réformés), gage d’équilibre, de puissance et de générosité, toutes qualités recherchées pour la chasse, et nous sommes traités comme de véritables athlètes… toujours aux petits soins pour nous, et les entraînements, je ne t’en parle pas…» 


Sachez, chers lecteurs, qu’en effet, le travail ne manque pas : avec l’aide de Richard Méchain (garçon d’écurie l’hiver, jardinier au printemps et en été), La Rosée, outre l’entretien classique d’une écurie et des infrastructures (sellerie, clôtures des prés…), assure les soins aux chevaux et leur préparation avant la saison et avant chaque chasse. Deux fois par semaine, avant chaque départ, il faut veiller à ce que tout soit prêt et en état. 


Pour éviter les accidents musculaires et les tendinites, la veille de la chasse les chevaux sont entraînés avec un «marcheur» (le manège dont parle Marius) ; le lendemain ils doivent également marcher pour éviter les engorgements des pieds. Les soins aux chevaux comprennent la «bobologie», mais aussi les injections de certains médicaments, antibiotiques ou antiinflammatoires, ainsi que les premiers soins en cas d’apparition ou de suspicion de coliques.


La sellerie
Mais les tâches de La Rosée ne s’arrêtent pas aux chevaux, puisqu’il seconde aussi le premier piqueux dit «Vol au vent», qui est en charge de la meute de chiens, lorsqu’il est en congé, ou pendant la chasse (ils mènent alors la meute conjointement, car c’est le rôle du piqueux). Il doit donc aussi c o n n a î t r e les chiens et savoir se faire obéir par eux, ainsi que savoir les soigner, comme les chevaux. 

La Rosée organise son travail librement car ce qui importe, c’est que tout soit fait en temps et en heure. Assurément Il aime son métier ! 
Après avoir salué mes amis, je vous avoue que je suis parti impressionnée. j’ai tenu à vous faire partager cette visite fort intéressante, ma foi ! J’ai hâte maintenant de faire connaissance avec Vol au vent et les chiens de la meute, je reviendrai donc au château et, promis, je vous raconterai.

(1) - Hongre est l’appellation qui désigne un cheval castré.

Le Héron - La Grenouille n°14 - Janvier 2012